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   Vers 628 av. J.-C. selon Thucydide, vers 650 av. J.-C. selon Diodore de Sicile, voilà les deux dates avancées par deux historiens antiques. En fin de compte certaines données archéologiques, feraient opter plutôt la date fournie par Diodore de Sicile, date que nous retiendrons donc pour la fondation de la cité.

   Donc en 650 av. J.-C. un groupe de colons partis de Megara Hyblaea, alors en proie à un problème démographique, causé par l'étroitesse de son territoire. Pamnilos provenant directement de Megara en Grèce, fut nommé oïkiste de la colonie.

   Emplacement choisit sûrement par Pamnilos, pourrait semblé peu pertinent. En effet situé entre deux caps, le cap San Marco à l'est et le cap Granitola à l'ouest. enclavé entre l'embouchure de deux fleuves, à l'est le Cotone (Hypsas) et à l'ouest le Modione (Sélinous). La cité tire son nom de l'ache, une sorte de céleri sauvage local, s'appelant selinon, et non pas du fleuve Sélinous comme on pourrait le croire de prime abord.

   Cet endroit qui n'était pas forcément très facile à défendre et dont l'abord par la mer n'était pas lui aussi de tout premier choix, d'ailleurs le delta marécageux fut transformer rapidement en port. A l'ouest à l'embouchure du Sélinous ce fut un port plutôt à vocation commerciale, et il semblerait qu'à l'est le port avait pour but d'abriter la flotte de guerre. Néanmoins la cité avait l'avantage de posséder un arrière pays avec des terres très fertiles. Ce qui permit à la cité de s'enrichir très rapidement en commerçant avec les Carthaginois.

   Si les premiers pas des colons Doriens, sur ce site se firent sans trop de problèmes, avec les indigènes Elymes. La situation se dégrada assez rapidement. On suppose que les rapports commerciaux qu'avaient les Sélinontins et les Carthaginois, purent parfois aplanir les problèmes qui devinrent malgré tout, rapidement chronique entre la nouvelle colonie dorienne et la cité élymes Ségeste.

   D'ailleurs nous pouvons tenir pour très exacte l'affirmation de M.I. Finley La Sicile Antique p.76 "Entre Sélinonte et Ségeste l'hostilité était chronique". Malgré un événement exceptionnel qui nous est rapporté par Thucydide (La guerre du Péloponnèse 6,6,2) "Ségeste cité Elymes d'origine conclue un accord avec Sélinonte prévoyant que les mariages entre citoyens de l'une et l'autre cité seraient reconnus comme légitimes." Ceci est un indice révélateur, car même entre cités grecques pure, cela était très rare.

   Revenons à son histoire, ARCHEO v. VI p.269 " vers 580 av. J.-C. eu lieu une bataille non loin du cap Lilybée, la cause du conflit aurait été une incursion des Sélinontins sur le territoire de Ségeste." Et même après que celle-ci soit sortie victorieuse de cette bataille. Sélinonte ne cessa pas pour autant le combat. Ségeste demanda à Carthage d'intervenir dans leur conflit, situation extrêmement délicate Carthage alliée théorique des deux cités ennemies.

   C'est aussi vers 580 av. J.-C. selon Moses I. Finley La Sicile Antique p.49 "un groupe de colons réunissant des gens de Cnide, en Asie Mineure, et des Rhodiens, sous le commandement d'un Cnidien Penthatlos, tenta en vain de s'établir en Sicile occidentale. ..., et notamment combattu aux côtés de Sélinonte dans une guerre contre Ségeste." M.I. Finley ne nous dit pas s'il agit de la bataille du cap Lilybée, d'ailleurs la défaite de Sélinonte expliquerai l'échec de l'implantation de ce groupe en Sicile occidentale (Penthatlos finit par s'établir dans les îles Lipari).

   Notons que Sélinonte devint rapidement une cité prospère, et elle était si florissante qu'elle fonda une autre colonie non loin d'Agrigente, sur l'embouchure du Platani à l'ouest de Sélinonte, cette cité se nomma Heraclea Minoa.

   Vers la fin du VI siècle, c'est une oligarchie qui est au commande de la cité, mais très rapidement des tyrans s'y succédèrent. Nous ne connaissons que quelques noms, Théron, Peithagoras et Eurylon, ce dernier fut chassé par un parti de l'aristocratie, dans la dernière décennie du siècle selon Hérodote V, 46.

   En 480 av. J.-C. Sélinonte pourtant l'alliée de Carthage, ne semble pas lui avoir accordé son aide lors de la bataille d'Himère. Néanmoins après la défaite Carthaginoise, Sélinonte accorda un refuge à Giscon général carthaginois, et ses compagnons.

   Par la suite Théron dû certainement recevoir l'aide de Gélon pour s'emparer d'Heraclea Minoa. Il est évident que la présence de cette cité, dont la métropole était pro-carthaginoise, à moins de quarante kilomètre d'Agrigente devait lui être insupportable.

   Après un intermède démocratique que connue d'ailleurs une grande partie de la Sicile, elle s'allia à Syracuse, elle devint ainsi la cité grecque la plus enfoncé en territoire Carthaginois-élymes. La véritable motivation de cette alliance, fut le fait d'une autre alliance contracter entre Ségeste et Athènes, qui mettait Sélinonte en grand danger.

   C'est ainsi qu'après un énième différent entre les deux cités, c'est Ségeste qui procura à Athènes un motif pour intervenir en Sicile. Rappelons qu'en 416 av. J.-C. la Grèce connaissait "la paix de Nicias", pacte de paix conclu entre Sparte et Athènes, introduisant une trêve lors de la guerre du Péloponnèse. Athènes avait des troupes bien trop inoccupées, cela représentait un danger évident, et dans la juste suite des vues expansionnistes des athéniens, ils entreprirent une expédition en Sicile.

   M.I. Finley La Sicile Antique p.81 " En 410 av. J.-C. Sélinonte reprit la guerre contre Ségeste. Craignant cette fois d'être totalement détruite, Ségeste fit à nouvel appel à Carthage ; pour augmenter ses chances d'être secourue, elle offrait de payer désormais tribut. Cette fois Carthage accepta, nous ignorons pourquoi. C'était de sa part, semble-t-il, une décision dictée par les circonstances, non la réalisation d'un plan ; c'est ce que semble indique le fait qu'elle n'envoya qu'une modeste armé : cinq mille Libyens, qui furent renforcés par un millier de Campaniens et d'autres mercenaires disponibles en Sicile. Cependant au printemps suivant les Carthaginois revinrent en force sous le commandement d'un général nommé Hannibal. Sélinonte fut prise en neuf jours, si vite que les autres cités n'eurent pas le temps d'envoyer les renforts qu'elles avaient promis.".

   L'histoire tourna encore plus mal pour Sélinonte ; malgré les efforts de Denys l'ancien Sélinonte passa quasiment définitivement dans les mains des Carthaginois M.I. Finley La Sicile Antique p. 82 " lors de l'invasion de l'île par Carthage, Denys signa un traité, il prévoyait que les établissements puniques, Elymes et Sicanes appartiendraient à Carthage ; les gens de Sélinonte seraient autorisés à rentrer chez eux, à condition de ne pas relever les murailles de leur cité et de payer tribut à Carthage.".

   En 378 av. J.-C. Denys l'ancien après une nouvelle tentative pour reprendre Sélinonte ; inscrite bien sûr dans un tableau plus général de reconquête, échoue une fois de plus, après la bataille de Cronion, non loin de Palerme, et signa un autre traité laissant Sélinonte aux mains des Carthaginois.

   Lors des conflits qui virent Agathocle et les Carthaginois s'affronter. Agathocle ne réussit pas plus que Denys l'ancien, à reprendre Sélinonte. Il dût signer à son tour un traité, signifiant que Sélinonte restait sous la domination puniques. M.I. Finley La Sicile Antique p. 114 " en 306 av. J.-C. Agathocle fît des propositions de paix à Carthage et celle-ci garde Sélinonte.".

   Que savons-nous de la période carthaginoise qui commença en 409 av. J.-C. ? .

   Hannibal fils du général Giscon qui autrefois avait trouvé refuge à Sélinonte, après la bataille d'Himère en 480 av. J.-C. ; enfin cet Hannibal oblitéra la cité ARCHEO v. VI p.270 " Hannibal détruisit toutes les fortifications, pilla la ville et tua les habitants qui étaient restés pour la défendre. Ceux qui, avant le drame, s'étaient réfugiés à Agrigente obtinrent du vainqueur l'autorisation de rentrer chez eux, mais non celle de reconstruire les murs de la ville.".

   En 397 av. J.-C. il y eut l'intermède Denys l'ancien, néanmoins cela fut de courte durée, elle retourna par intermittance à une certaine indépendance, mais cela resta anecdotique.

   D'ailleurs on retrouvera l'influence architecturale carthaginoise dans la cité ; DOSSIERS d'archéologie, La Sicile, art. Sophie Collin-Bouffier p.55 " Des sanctuaires puniques s'installant, à raison d'un part quartier, semble-t-il, autour d'un espace à l'air libre, destiné au sacrifice de victimes animales. L'architecture domestique s'apparente à celle de Solonte (Sicile) ou du Cap Bon (Tunisie). Ainsi, les maisons tout en reprenant les fondations des murs grecs, adoptent une technique de construction dite "punique". En effet de nombreux détails retrouvés sur place semble le certifier.

   Nous savons qu'elle fut conquise lors de l'intervention de Pyrrhos en Sicile vers 277 av. J.-C.. Néanmoins cela ne dura point Pyrrhus partit, elle redevint carthaginoise pour peu temps d'ailleurs. car en 250 av. J.-C. les carthaginois fuyant l'inexorable avancée des légions romaines, déportèrent toute sa population à Lilybée, l'ultime bastion carthaginois en Sicile, s'enfuyant les puniques prirent soins de détruire ses fortifications.

   Ce fut la fin de la grande Sélinonte.

   Strabon nous raconte qu'au I siècle ap. J.-C. Sélinonte était abandonné, infesté par la malaria, elle devint un hameau de squatters. Il en fut ainsi même pendant la Rome impériale et la période Byzantine.

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