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S
ur la côte méridionale de la Sicile, à soixante kilomètres a l'ouest de Gela et à cent kilomètres de Carthage en Afrique et à cent quatre vingt dix kilomètres de Zancle (tout cela à vol d'oiseau) existe une cité magnifique, éblouissante hier, envoûtante aujourd'hui, cette cité antique se nomme Akragas (Agrigentum, Girgenti, Agrigento).

E
lle se situe à quelque trois mille mètres du rivage, la cité antique qui à l'apogée de son existence occupera une surface de quarante-cinq mille mètres carrés environ, bénéficie de la protection physique et surtout psychologique de trois barrières naturelles, à l'est l'antique fleuve Akragas (aujourd'hui le S. BIAGIO) du quel, bien sur vous l'aurait tous devinés elle tira son nom, à l'ouest l'Hypsas (aujourd'hui S. ANNA), au nord une colline ou plutôt un haut promontoire (qui d'ailleurs accueil la ville moderne d'Agrigento).
O
n ne lui connaissait pas de port naturel dans l'antiquité, mais comme le note de nombreux historiens, cela n'empêchât pas la cité de développer un commerce maritime, d'ailleurs à une certaine époque celui-ci devint florissant avec Carthage et le reste du monde. Les profits énormes tirés des terres fertiles en firent un phare de la Grande Grèce.
C
ette cité devint richissime dans tous les sens de ce mot, elle fut parfois la concurrente de
Syracuse en Sicile, alors que sous la tyrannie de Gélon, Syracuse était sûrement la cité la plus puissante du monde grec... .
J
e n'ai recueilli ni légendes, ni aucun mythes se rapportant à Akragas, pour l'instant, je compte sur vous !!!.

T
out d'abord voici ce que nous raconte Thucydide dans "La Guerre du Péloponnèse" - "Cent huit ans ou presque s'étaient écoulés depuis la fondation de Gela, lorsque des colons partirent de cette cité pour aller fonder Acragas. Ce nom vient du fleuve Akragas. Ils choisirent pour oïkistes Aristonous et Pystolos et adoptèrent une constitution semblable à celle de Gela.-"..
D
onc selon Thucydide c'est vers 580 av. J.-C. que fut fonder Akragas, d'ailleurs les fouilles archéologiques confirme cette date, essayons de comprendre a) qui, b) pourquoi et ensuite c) comment.
A)
L'historiographie nous rapporte que deux Geolens (Aristonous et Pystolos) devinrent les chefs de l'expédition. Deux fondateurs ? n'oublions pas qu'à Gela , il y eu aussi deux fondateurs Antiphémos et Entimos, l'un Rhodien l'autre Crétois. Voici une hypothèse, à Gela se développèrent deux partis aristocrate sûrement issues des deux cités fondatrices de Gela, qui s'étaient partager les meilleurs terres. Et lorsque la décision fut prise de fonder une nouvelle colonie, il est certains qu'aucun des deux partis ne voulait laisser l'initiative à l'autre et en cas de réussite, avoir une position prépondérante dans la métropole. Même, si l'ont nous rapporte que l'expédition était composer de Geolens et de Rhodiens, ces derniers d'ailleurs venant directement de Rhodes, la question est toujours là, qui armaient les uns ou les autres ? . Et combien même, si ces deux hypothèses sont fausses, pourquoi mettre deux chefs à la tête de la troupe.
B)
Vers 580 av. J.-C. les Geolens montèrent cette grande entreprise.
Je pense que les raisons, sont fondamentalement les mêmes que celles qui décidèrent les Rhodiens et les Crétois et quasiment tous les autres colons de l'histoire antique.
_
Le territoire de Gela devint bientôt trop petit, Syracuse à l'est de Gela venait de fonder un avant poste (phuroï) qui devint par la suite une cité de moyenne importance Camarine vers 600 av. J.-C..

_
Est-ce que les Geolens alors, les seuls véritables concurrents de Syracuse, voulurent répliquer à l'initiative récente de celle-ci ? .
_
Est-ce que les Geolens avaient pris cette décision, avant que d'autres cités ne la prennent, se sentaient-ils menacés par les vues expansionnistes des syracusains à cette époque ?.
_
Y avait-il à Gela un parti populaire gênant, qu'il fallait éloigner, ce qui avait justifié dans le passé de la Gréce, l'organisation d'une telle aventure ? .
M
alheureusement j'ai bien plus de questions que de réponses. Nous savons si peu de cette période que je n'en suis qu'à émettre des hypothèses. Tout me porte à croire que toutes ces raisons, prises une à une restent valables, ainsi sûrement que bien d'autres certes, mais de moindre importance.
C)
Les historiens nous rapportent que l'implantation ce fit en douceur avec les autochtones. Une expédition de ce genre demandait certaines précautions, des colons n'étaient pas des explorateurs et encore moins des aventuriers (du moins pas au sens moderne du terme). Ils ne partaient pas comme cela à l'aventure ! . En effet des reconnaissances étaient effectuées, des éclaireurs étaient envoyés, pour s'assurer des chances de réussite. Des contacts avec les indigènes étaient pris.
Il devait déjà exister un comptoir commercial, qui devait fonctionner avec les indigènes, sûrement des Sicanes. Les Geolens après des reconnaissances sur le futur territoire, durent estimer que la réussite d'une telle implantation devait être possible
.
"
A la mi-mars de l'année 582 av. J.-C., quelques femmes et enfants du village Sicanes voisin, qui cueillaient ce fenouil sauvage qui poussent en abondance non loin du rivage, relevèrent la tête et la tournèrent vers l'est, dans un seul mouvement parfaitement synchronisé. Ils lâchèrent le fruit de leur cueillette et portèrent leurs mains au-dessus de leurs yeux, dans ce geste que nous avons tous faits, pour apercevoir quelques trières, et autres cargos qui dans une légère écume, s'apprêtaient à aborder sur la plage. Etrangement ils ne parurent pas effrayés, ni même étonnés, ils ramassèrent leurs fenouils et se dirigèrent nonchalamment, vers les hommes qui déjà avait mis un pied à terre.".
V
oilà comment aurait pu se passer, le début de cette colonisation. D'ailleurs rappelons nous, que Gela n'est qu'à soixante kilomètre à vol d'oiseau d'Akragas, ce qui est sommes toutes une distance bien ridicule, comparaît à la distance parcouru, cent ans auparavant par les Rhodiens et les Crétois qui fondèrent Gela.
S
i l'implantation des colons Geolens, semble s'être faîte en bonne entente avec les populations autochtones, cela ne dura pas, (comme d'habitude...), on a retrouvé une dédicace dans un vase en bronze, celle-ci relatant une victoire sur les indigènes. Ce qui laisse à penser que les colons ayant besoin de nouvelles terres à cultivés, prirent les armes, afin de s'en procurer, il ne faut pas oublier la nécessité de se procurer des esclaves et des femmes.
L
'épisode de la fondation d'Akragas fut le dernier, de la colonisation grecque en Sicile.

A
cragas se développe et s'enrichit avec une célérité extraordinaire. La richesse d'Akragas tient dans la fertilité de ses territoires, le vin et les olives sont les produits phares de la chora (agriculture), mais aussi l'extraction du souffre et l'aménagement de salines le long de son littoral. Il faut tout de même noter, qu'elle exporte la plus grande partie de sa production vers Carthage et que tout au long de son histoire celle-ci aura une relation amour-haine avec Carthage.
S
i nous ne savons pas, qu'elle fut le destin des deux oïkistes, Aristonous et Pystolos, espérons -"qu'ils dirigèrent la colonie les premières années avec un grand succès apparemment et qu'il prirent leur retraite tranquillement tout auréolé de gloire et riches."-.
C
'est vers 570 av. J.-C. qu'apparut sur l'avant scène un jeune aristocrate issue d'une famille Rhodienne, celui qui dans l'antiquité devait marquer la tyrannie d'infamie, il devint le maître étalon, qui devait servir à mesurer, la cruauté de tel ou tel personnage, à l'avenir dans le monde antique. (bien que par rapport à certains de ces successeurs, il ne fut pas le plus terrible). Cet homme se nommait Phalaris.
A
vant de se faire un nom -"chez les tyrans"-, il avait eu une haute charge financière (était-ce un signe précurseur).
P
halaris participa d'une manière importante à la croissance d'Acragas et en tant que tyran, il appliqua le manuel du parfait tyran, sans scrupule. Il conquit rapidement de nouveaux territoires, envoyant au fond de la mer, les traités que les habitants d'Acragas, avaient dût signé avec les indigènes.
P
halaris devait être -"très très méchant"-, car une révolte populaire le renversa et surtout le tua, ces événements eurent lieu en 555/554 av. J.-C..
A
près lui nous ne savons pas très bien ce qui se passa, mais nous pouvons facilement imaginer un état de stasis, guerre civile ou aucun partis n'arrive à prendre le pouvoir.

C
'est en 488 av. J.-C. qu'un aristocrate arrive à imposer sa tyrannie. Son grand-père Haemon (Haemonides), donna son nom à cette famille aristocrate sûrement issue des fondateurs de la cité. Ce tyran qui réussit à prendre le pouvoir à Acragas, se nomme Théron.

A
pparemment Théron devint très puissant, grâce à sa fille, oui car il avait marié celle-ci à Gélon, lui-même tyran de son état dans la métropole (Gela), qui était lui promis à un brillant avenir. Gélon appuya Théron dans sa guerre contre Sélinonte.

T
héron et Gélon étaient fait pour s'entendre, car tous deux avaient en commun, une volonté farouche d'expansion. Gélon lui avait réussi après de maintes tentatives, à s'emparer de Syracuse, alors en butte à un état de stasis.

C
'est ce même Théron qui fut à l'origine d'un acte, qui devait avoir de lourdes conséquences à longs termes, sur l'histoire de la Sicile grecque.

T
héron ayant décidé de trouvé un -"royaume"- à son fils, jeta son dévolu sur Himère petite cité prospère, fonder par des habitants de Zancle (Messine), non loin des frontières du territoire théoriquement contrôler par les Carthaginois.

D
onc en 483 av. J.-C. Théron chassa Térillos alors tyran d'Himère, pour le remplacer par son fils, l'apprentis tyran Thrasydée qui l'histoire le montrera n'était pas aussi doué que son père, pour être tyran.

C
'est donc ce petit incident, car il faut me croire, à l'époque alors que Théron et Gélon menait campagne dans toute la Sicile grecque. Afin d'imposer leur hégémonie, l'éjection de Térillos, de la cité d'Himère, n'aurait pas fait trois lignes dans les canards de l'époque - s'il y en avait eu !-.

J
e vous épargne les détails que vous pourrez retrouver dans un autre chapitre -"La Bataille d'Himère"-.

E
n 480 av. J.-C. au large et sur les côtes d'Himère, eu lieu une formidable bataille qui vit s'affronter l'alliance Gélon-Théron et Hamilcar un des deux suffètes de Carthage.

A
u cours de la bataille Hamilcar qui voyez ces troupes défaites, sur les plages et sur mer, s'immola sur le même bûcher, où il était entrain de procéder à des sacrifice, afin d'obtenir l'aide de ses dieux.

P
our Akragas (et bien sur Syracuse) cette victoire, donna un formidable élan au développement de la cité, ceci grâce aux myriades d'esclaves et au butin, fait après la bataille. (apparemment le butin fait dans les bagages carthaginois, fut conséquent, "oui, le Hamilcar il mangeait pas avec des couverts en plastiques voyons... !.").

R
evenons un instant sur cette bataille, selon Hérodote le même jour à Salamine. Athènes et ses alliés du moment, infligèrent sur mer une cuisante défaite à la flotte Perse, mener par le grand roi Xerxès en personne.

A
kragas développa son urbanisme, son agriculture et sa culture à tel point que des hommes comme Simonide y vint - il y mourut d'ailleurs -. Pindare écrivit à la gloire de la cité - il était payé pour cela... ! -. Diodore de Sicile dont les affirmations doivent toujours être prises avec précaution, pour ca part affirme qu'à cette époque Akragas comptait deux cents mille habitants. C'est encore Diodore et son exagération, qui malgré tout nous donne une idée de la richesse d'Akragas et des ses citoyens libres -"en 412 av. J.-C. en pleine guerre du Péloponnèse, Exainétos remporta sa seconde victoire olympique au stadion, il fut accueilli à son retour par une procession triomphale de trois cents chars, chacun tiré par deux chevaux blancs, appartenants à des citoyens d'Acragas.

U
ne pièce peut être rajouter au dossier à charge sur l'exubérante richesse d'Akragas, elle était une des seules cités Siciliotes à frapper monnaie. Peu de temps après la victoire d'Himère le crabe d'Acragas fit son apparition (Zancle et son lièvre, Himère et Sélinonte), ce qui est remarquable, alors qu'en Sicile il n'existait pas de mine d'or et d'argent.

E
n 462 av. J.-C. Théron meurt, c'est son fils Thrasydée qui prends les rennes du pouvoir, celui-ci à des rêves de grandeurs et il rompt l'alliance avec Syracuse. Il attaque Hiéron frère et successeur de Gélon, mal lui en pris, il fut défait ce qui provoqua sa chute et sa fuite croyant être en sécurité à Mégare en Grèce continentale, il y fut jugé et condamné à la peine capitale.

A
lors à Acragas il y eut un parti qui prônât un rapprochement avec Syracuse et surtout Hièron son tyran, ils obtinrent la paix.

C
ertains historiens, nous rapportent qu'une oligarchie se mit en place, constitué de mille citoyens -" les Mille "-. Et c'est alors Empédocle le très fameux, y aurait mit fin et instituer la démocratie. Tout cela est vraiment très confus, sûrement à cause de l'aura mystique qui entourait Empédocle, pour lequel on connaît au moins sept versions de sa mort.

V
ers 451-450 av. J.-C. Ducétios - chef Sicules d'une rébellion qui devait tout de même faire mal aux cités grecques en Sicile - pris les armes et avec un fort parti, attaqua Motyon (peut-être Vassallaggi), un phuroï (avant-poste) d'Akragas. Alliés aux syracusains, les Acragaciens finirent par battre Ducétios et ils reprirent Motyon.

P
endant la guerre du Péloponnèse Akragas resta obstinément neutre. Selon Thucydide il y avait alors deux partis en présence les pro-syracusains et sûrement un autre parti peut-être pro-carthaginois ou plutôt vraiment pour la neutralité, les pro-syracusains eurent le dessous et d'ailleurs il furent chassés.

H
ermocratès revenus de la mer Egée, en passant par Zancle (où il fit construire des trières et recruta des mercenaires), pris l'initiative d'attaquer des cités aux mains des Carthaginois. Syracuse voulu se dissociée, des agissements d'Hermocratès et entamèrent des négociations avec Carthage à Athènes. Rien de positif n'en ressorti, ci ce n'est le débarquement des troupes carthaginoises au printemps de l'année 406 av. J.-C., non loin d'Acragas qui était leur premier objectif.

D
onc le -"Le siège d'Akragas par les Carthaginois"- commença, cela fini mal pour les habitants d'Acragas, qui durent fuir vers Léontinoï. La cité fut pillée et incendiée (on peut voir encore aujourd'hui des traces de l'incendie, dans les temples) par les Carthaginois, de nombreuses œuvres d'arts partirent vers Carthage, dont le fameux taureau de bronze de Phalaris
.

A
près le carnage et le saccage auquel s'adonnèrent les Carthaginois, pendant cette campagne. C'est Timoléon le sauveur de Syracuse, qui initia une politique de re-colonisation des cités siciliennes. Il redressa la cité qui était devenus un vulgaire petit village. Timoléon donna deux nouveaux fondateurs à Akragas, Phéristos et Mégillos, ainsi que des colons venant de Grèce et de Grande Grèce, ce qui lui donna un second souffle.

E
n 311 av. J.-C. Agathocle tyran de Syracuse, elle aussi redevenue très puissante, met le siège devant Acragas, celle-ci fut sauvée par l'intervention d'une flotte venue de Carthage, avec laquelle Akragas semblait avoir certains liens -malgré les événements de 406-. Carthage toujours soucieuse, à ce qu'un certain équilibre soit toujours de mise en Sicile !. A la suite l'intervention carthaginoise Agathocle du battre en retraite. En 307 av. J.-C. les Acragaciens et d'autres cités grecques hostiles à Syracuse, furent battus par Agathocle.

A
près la mort d'Agathocle en 289 av. J.-C., un tyran nommé Phintias s'empara d'Acragas, son plus haut fait fut de s'emparer de Géla. Il la rasa et déporta sa population vers sa nouvelle cité, qu'il fonda et à qui il donna son nom. Cette cité serait aujourd'hui Licata.

A
kragas redevenue puissante, le conflit ne tarda pas à reprendre avec Syracuse. En 280 av. J.-C. Akragas perd une nouvelle bataille contre Syracuse, une fois de plus Carthage envoie un contingent, car les Syracusains attaquaient sans cesse l'Est de leur territoire. Les Carthaginois n'y allèrent pas par quatre chemins, ils attaquèrent directement Syracuse, Acragas ne se mêla pas aux autres cités grecques venus aux secours de Syracuse.
E
n 261 av. J.-C. Akragas pro-carthaginoise alors..., subit de plein fouet la première guerre punique, en effet après six mois de siège Rome conquit la cité, elle fit des ses habitants des esclaves, les romains la nommait Agrigentum.
V
ers 254 av. J.-C. la flotte romaine revenant d'Afrique fit naufrage lors d'une tempête. Carthage en profita, elle débarqua en force, repris Agrigentum et la détruisit de nouveau.
A
près la chute de Syracuse en 212 av. J.-C., en Sicile il ne restait plus qu'Agrigetum aux mains des Carthaginois, c'est en 210 av. J.-C. que la cité tomba, trahie dit-on par un parti numide faisant partie des défenseurs de la cité.
E
n 197 av. J.-C. les sénateurs romains donnèrent l'ordre du redressement d'Agrigentum, elle devint une Municipes. Agrigentum devint un pôle d'extraction du souffre, aux mains des Empereurs successifs.
LE TEMPLE D'HEPHAISTOS
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