AGATHOCLÉS, AGATHOCLE............... N'oubliez pas de voter pour ce siteCLIQUE ICI...................Si vous voulez me contacter directement CLIQUEZ ICI

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   Voici une biographie non exhaustive d'Agathoclès basée, d'après le récit de Diodore de Sicile Livre XIX, XX et fragments XXI traduit par l'abbé Terrasson Paris 1744, qui seront ponctuellement parsemé par des rajouts soutirés à Justin "l'abréviateur". Donc, je me servirai du récit de Diodore de Sicile concernant Agathoclès, comme d'un fil d'Ariane. J'irais de surcroît rendre visite à Justin et bien d'autres historiens, moderne ou antique, ce texte sera essaimé de diverses digressions.

   Agathoclès est né en 361/0 av. J.-C. à Thermae en Sicile sur la côte Nord qui n'est en fin de compte que la résurgence d'Himère détruite par les Carthaginois en 409 av. J.-C., territoire qui à cette époque était sous domination carthaginoise. Son père se nomme Carcinus, qui vivait à Réghiôn d'où il dut fuir. Il arriva à Thermae et y épousa la mère d'Agathoclès, qui bientôt fut conçu.

   Carcinus fît un rêve étrange pendant son sommeil. Ce songe concernait l'avenir quelque peu obscur, de cet enfant encore à naître. Afin d'en être sûr, il demanda à une ambassade carthaginoise en route pour Delphes, d'interroger la Pythie, au sujet de sa future progéniture.

   La réponse du dieu Apollon, que rapportèrent les ambassadeurs, faillit être fatal à Agathoclès, du moins sa petite enfance en fut quelque peu bouleversé, et c'est un euphémisme. En effet l'oracle aurait prophétisé, un scabreux avenir pour les Carthaginois, l'enfant devait amener de grands malheurs sur ceux-ci, ainsi qu'à la Sicile tout entière. Pour Carcinus, l'oracle ne faisait que confirmer son rêve.

   Alors il pris la décision d'exposer l'enfant, dès sa naissance sur la place publique. Ce qui arriva, Agathoclès sous bonne garde, fut exposé à la vue de tous, mais déjà très robuste il survécut ; néanmoins assez longtemps pour que sa mère puisse l'arracher à son funeste destin. Diodore de Sicile nous raconte que les gardes furent négligents, (j'ai l'impression qu'il regrette cette négligence !)..

   Quoi qu'il en soit Agathoclès fut confié à son oncle Héraclide frère de sa mère, qui sûrement s'en occupa comme son propre fils. Agathoclès plus tard donna le nom d'Héraclide à un de ses fils, d'ailleurs sa mère lui donna le sien en souvenir de son propre père. Tout va pour le mieux, un jour lors d'une réunion familial, on avait fait un sacrifice (en guise d'apéritif !), Carcinus aperçu parmi les enfants de la maison, ce jeune garçon qu'il admirât. Il lui fit repenser à cet enfant qu'il avait jadis exposé, et croyait-il perdus, il exprimât cette pensée à sa femme. Celle-ci sentant le bon moment venu, lui raconta toute la vérité. Carcinus fut en joie d'avoir retrouver ce fils revenu du royaume d'Hadès.

   Diodore de Sicile nous affirme, que craignant une réaction négative des carthaginois (oui ! rappelez-vous l'oracle), Carcinus toute affaire cessante s'enfuit pour Syracuse. Cela voudrait dire qu'Agathoclès arriva à Syracuse à l'âge de sept ou huit ans, alors que les historiens modernes situent cette arrivé d'Agathoclès à Syracuse à l'âge de dix-huit ans, Moses I. Finley (La Sicile Antique -Editions Macula-) nous dit que "Le père d'Agathoclès, qui était potier, originaire de Thermae, était venu s'installer à Syracuse du temps de Timoléon. Agathoclès avait alors environ dix-huit ans.". Nous savons que Timoléon pratiqua une politique favorisant l'arrivée de nouveau colons, il en fit venir de partout. Il offrit à de nombreuses personnes la citoyenneté, Carcinus en profita sûrement.

   Diodore de Sicile par mépris raconte que Carcinus devra apprendre son vil métier à son fils. Oui, je crois surtout qu'il apprit de son père comment diriger l'entreprise familiale, car là je rejoins l'opinion de Moses I. Finley, à cette époque (comme à la notre d'ailleurs) le fils d'un simple potier ne deviens pas, un stratège comme le devint avant lui, le frère aîné d'Agathoclès, Antander.

   D'ailleurs Diodore de Sicile ne nous explique pas l'existence de ce frère aîné, il nous dit que Carcinus s'enfuit de Réghiôn, sitôt arriver à Thermae il épouse la mère d'Agathoclès et le conçoit. Quand aurait-il eu Antander ? . L'aurait-il adopté ? . Serait-il issu d'un premier mariage ? . Je pense que c'est une grave omission de la part de Diodore de Sicile.

   Alors Agathoclès n'était pas un simple potier, bien qu'il eut sûrement fréquenter le tour. Bien qu'aussi il se vantât d'être habile de ses mains. A cette époque les travaux manuels étaient tout à fait mépriser dans le monde grec, du moins dans l'Aristocratie. S'il se vantait d'être habile de ses mains, ce n'est que par pure démagogie, car il s'appuya et pendant toute la durée de son règne, sur le peuple.

   Quelque temps après l'arriver de la famille d'Agathoclès à Syracuse, Carcinus mourut.

   Diodore de Sicile nous rapporte une anecdote, qui par un détail, prouve que la famille d'Agathoclès n'était pas si pauvre que cela. La voici - quelque temps après la mort de Carcinus, sa femme eue dans l'idée de faire sculpter une statue de son fils "chéri" (Agathoclès), c'est alors qu'un essaim d'abeille vint s'installer entre les cuisses de la statue. Apparemment c'était le signe que des choses extraordinaires, allez être accompli par Agathoclès. Bon, passons sur ce prodige, qui n'en est pas un, ce qui appel notre intention, c'est comment une pauvre veuve sans ressources (son mari mort faisait-elle tourner le tour elle-même ?), peut se permettre les frais d'une statue, même si c'est son fils "chéri" ?.

   Agathoclès devint alors le "mignon" d'un certain Damas qui le prend sous son aile et l'aide aussi financièrement, Damas personnage militaire important de Syracuse, lui confia bientôt un millier d'homme, dont le chef venait de mourir.

   Arrêtons-nous là s'il vous plaît, j'aimerais faire une digression : ici Diodore de Sicile nous rapporte qu'Agathoclès devint l'amant de Damas, ce qui pourrait du moins à nos yeux, être infamant surtout que vu le contexte, il laisse à penser qu'il le devint par intérêt. Les mœurs étaient fort différentes à cette l'époque. Mais ce n'est pas le point que je voulais examiner avec vous, enfin du moins pas directement. Cette déclaration qui à pour but de rabaisser Agathoclès n'est rien, par rapport à ce que rapporte Justin, qui est vraiment injurieux (Livre XXII) - : doué d'une rare beauté, il ne vécut longtemps qu'aux dépens de sa pudeur. Arrivé à la puberté, il passa, dans ses débauches, des hommes aux femmes ; ainsi fameux chez les deux sexes, -.

   Et pour continuer sur le chapitre des mœurs d'Agathoclès, voici le summum, qui nous est rapporté par Polybe (Livre XII). Du moins il retranscrit Timée - il dit (Timée) qu'Agathoclès a été dans son jeune âge un prostitué public, prêt à toutes les impuretés, un geai, un tricouillard, qui allait avec son derrière au-devant de tous ceux qui voulaient. - . Bien sûr Timée était loin de porter Agathoclès dans son cœur, celui-ci l'ayant bannît de Sicile en 316/5 av. J.-C., après la prise de Tauroménium. Polybe affirme qu'il fut le plus impie des hommes certes, mais modère son jugement, peut-être parce que son meilleur ami et protecteur Scipion l'Africain, admirait Agathoclès, au même titre que Denys l'ancien. Quant à Justin l'abréviateur il tire ses informations de Trogue Pompée.

   Agathoclès ce fera remarquer après quelques faits d'armes, guerrier et chef émérite, il commence déjà à déranger certains, qui voit en lui un meneur, amener à accomplir de hauts faits (ce que l'avenir de ne démentis pas d'ailleurs). Voilà que son protecteur et amant meurt, il épouse sa veuve, qui avait hériter de la fortune de son mari. Agathoclès devient alors très riche, mais à Syracuse existe cet état quasiment permanent dans les cités grecques, la "stasis" cette guerre civile permanente, ce mal chronique de la Grèce antique. La Sicile bien plus que d'autres régions grecques, était elle aussi contaminée. La Démocratie en Sicile n'eut jamais le temps de s'enraciner, les cités grecques en Sicile étaient trop jeunes, bien plus qu'en Grèce continental, le terroir politique était propices aux Tyrans ambitieux comme Agathoclès et bien d'autres avant lui.

   Après de nombreuses vicissitudes qui le mèneront en Italie du Sud, il eut la charge de "stratège autocrator des places fortes de la Sicile" (et ceci d'après le Marbre de Paros), pour le compte de Syracuse, chez Diodore de Sicile elles sont nombreuses croyez-moi (les vicissitudes d'Agathoclès bien sûr !), et malheureusement, comment dirais-je si "cafouilleuse", que je ne vous les rapporterai pas, en 317 av. J.-C. il prendra le pouvoir. Par contre nous allons parler de cette prise de pouvoir.

   Nous savons avec quasi-certitude qu'Agathoclès s'empara du pouvoir en 317 av. J.-C., alors nous pouvons situer les événements narrés par Diodore de Sicile à cette époque.

   Profitant de cet état de "stasis" qui semblait atteindre son apogée en cette période à Syracuse. Agathoclès réussit à s'introduire dans la cité, et après quelques manœuvres politiques habiles, il parvint à ce faire attribuer par le peuple une charge de stratège, afin de garantir la paix et la démocratie. Les autres partis en présences furent forts mécontents. Et en particulier un, farouchement opposé à Agathoclès, une oligarchie constituée de "six cents" personnages sûrement des plus influents de Syracuse.

   Alors se déclenche un massacre, des troupes affiliées à Agathoclès, font couler le sang. Agathoclès en fin démagogue en appel au peuple, qui renforce son ascendance sur Syracuse.

   Mais la quête du pouvoir suprême, n'était pas encore achever, il fallait à Agathoclès donner un dernier coup de collier, et il le fît. Déjà fort d'une petite armée, le peuple l'autorisa à recruter.

   Plusieurs partis composants la "stasis" s'étaient regroupés non loin d'Erbite, - et ce n'était pas pour faire un pique-nique -. Donc il grossit son armée déjà conséquente avec des gens de Morgantine, chez qui il avait déjà œuvré, et des vétérans qui avait combattu à ces côtés ou ses ordres contre les Carthaginois. Ainsi que la piétaille qui voyez là l'occasion d'assouvir leur mépris contre les oligarques, qui les tenaient en respect sous leur fouet, alors qu'Agathoclès pouvez leur permettre d'être enfin du bon côté du manche du moins cette fois.

   Le nombre de ses troupes serait monté à trois mille hommes, peut-être ! . c'est alors qu'il fit convoqué les deux meneurs des "six cents", Pisarque et Declés. Sous un prétexte fallacieux, il les fit arrêter ( et sûrement exécuté), et il fit donner le signale du carnage, ses troupes descendant en ville, les "six cents" et leurs clients et d'autres personnes n'ayant rien à voir avec tout cela, furent exécutées. Le sang coula en abondance, le pillage était parfois la seule véritable cause du carnage, ainsi que les nombreux viols. En résumé les règlements de compte allaient bon train. Diodore de Sicile déclare que les victimes de cet épouvantable épisode furent quatre mille, que cela dura deux jours, et pour parachevé le tout Agathoclès exila, plus six mille personnes.

   Alors il se mettra en scène se dépouillant lui-même de ses vêtements, sûrement l'insigne de sa charge et se rhabille avec un vêtement de simple citoyen, signifiant qu'ayant rendu sa liberté au peuple, sa mission prenait fin, un coup de poker bien sûr. Aussitôt le peuple pousser par des appariteurs à la solde directement d'Agathoclès ou bien de ses complices, le suppliât de ne pas renoncer à sa charge et qu'il se mettait sous sa protection, car après les exactions précédentes, les oligarques survivants leurs feront payés le prix fort.

   Petite digression : Agathoclès devait avoir des complices et sûrement à tous les niveaux dans la cité (surtout que d'après certains historiens il n'en serait pas à son coup d'essai, alors avec l'expérience...). Les présents et les futurs clients d'Agathoclès, des gens importants intéressés à un changement de pouvoir. Ainsi que la piétaille (des potiers par exemple), qui après tant de frustrations, aboie à l'unissons avec le chef de meute. Ils espèrent prendre part à la curée, espérant en tirer quelques petits profits.

   Aux prières du peuple, il répondit favorablement, accepta de reprendre sa charge, et exigea d'être le seul, pour ne pas avoir à répondre des fautes d'un autre, cela lui fut accordé.

   Enfin il avait le pouvoir absolu à Syracuse, et plus grand monde pour le lui contester, il se fit bien voir du peuple en promettant l'oblitération pure et simple des dettes, et des terres pour les citoyens les plus démunis. Cela causa quelques assassinats supplémentaires. Diodore de Sicile déclare, "qu'il ne prit point diadème, il ne se fit point une garde et ne se rendit pas même d'un accès difficile, comme font tous les tyrans. Il prit soin des revenus publics aussi...", pour résumer, il prit quelques bonnes décisions, du moins en ce qui la consolidation de son tout jeune pouvoir, et par-là celui de Syracuse. Ceci termine le récit concernant Agathoclès du Livre XIX, de Diodore de Sicile.

   Nous voici parvenus au point où Agathoclès s'empare du pouvoir, et s'impose en tant que tyran. Je vais essayer, à ce point du récit, de vous faire connaître les événements contemporains de l'époque d'Agathoclès.

   C'est à l'Est que cela se passe, où en 323 av. J.-C. Alexandre le Grand meurt. Les diadoques s'entre-déchirent l'empire du grand Alexandre. Alors même qu'Agathoclès prends le pouvoir à Syracuse, la lutte pour la succession fait encore rage. D'ailleurs Agathoclès, nous le verrons plus haut dans le récit, prendra part en quelque sorte (toute petite part...), à ce conflit qui embrassa l'Est du bassin Méditerranéen.

   Digression : Parfois, je pense qu'Agathoclès était de la trempe de ses hommes, les diadoques (Cassandre, Antipater, Perdiccas, etc.). Il démontra dans sa vie une telle audace, du moins la partie de sa vie qui le conduit à la conquête, à la défense et à la consolidation de son royaume. Cette audace que certains, même des historiens modernes, appel de l'opportunisme, voir une mentalité de condottiere, d'aventurier. Il n'aurait pas eu de projet politique à longue vue, il n'aurait pas eut de vision de l'avenir. Ce sont les reproches fait à Agathoclès. Tout ceci est fort drôle, car Agathoclès était un pur démagogue et un pragmatique moderne. Ainsi vous pourriez retrouver son portrait dans n'importe lequel de nos politiciens contemporains, (et ceci avec l'extrême violence en moins, bien sûr) quelques soit leurs bords politiques, surtout chez ceux qui exerce le pouvoir, ne voyant pas eux-mêmes plus loin que le bout de leur nez, selon l'expression consacrée. S'adaptant selon les choix des oligarques financiers qui son derrière eux, et ne prenant pas de décision, qui pourrait leur faire perdre une élection avenir. Bien sûr toute la faute n'est pas à rejeter sur ces pauvres diables, mais nous autres qui formons la masse des électeurs, par notre faible culture politique et notre grande culture télévisuelle, somme la principale victime et auteur de ce crime. Polybe expliquait le succès des romains par leur constitution, un certain équilibre entre pouvoir et contre pouvoir, celui du peuple et celui de l'aristocratie. Une politique ? , bien sûr qu'Agathoclès avait une politique, si l'on considère que la politique c'est l'art de prévoir et d'exercer le pouvoir. Son parti était le peuple, encore et toujours même lorsqu'il opérait à l'extérieure de Syracuse, ses premières victimes étaient les nantis, issues de l'aristocratie ou non. Il allait dans le sens du peuple, dans son propre intérêt, et ainsi il régna longtemps, aimé par le peuple, haït par l'aristocratie. La cité s'enrichit dans tous les sens de ce mot. Même s'il y eut une exception à cette doctrine, lorsqu'en 307 av. J.-C., les riches citoyens de Ségeste refusèrent de lui payer tribut. Alors ce fut le peuple de Ségeste qui paya chèrement, car une très grande partie du peuple fut massacré.

   A l'Est les diadoques se partage les conquêtes d'Alexandre, alors qu'à l'Ouest le monstre romains est encore en gestation, ignorant lui-même son si prodigieux destin.

   Reprenons le cours du récit, nous savons qu'après la prise du pouvoir. Agathoclès renforçât l'armée, il engagea de nombreux mercenaires venus surtout d'Italie, il en profita aussi pour renforcer sa marine de guerre. Il mena une vie d'enfer, à toutes les cités qui lui refusaient l'allégeance ou qui refusaient de lui payer tribut. A cette époque des cités comme Zancle (Messine), Gela et Akragas (Agrigente), étaient encore capable de lui donner la réplique. Surtout que derrière ces cités rebelles, aux yeux d'Agathoclès, il y avait Carthage.

   Digression : Carthage soucieuse de maintenir au moins un certain équilibre, était toujours prête à aider ceux qui s'opposent à Syracuse. J'aimerai ici souligné ce point, car bien d'autres historiens (dont je ne suis pas, enfin des historiens), nous rappel souvent cet état de chose. S'il est indéniable que Carthage intervint souvent et légitimement (défendant ses propres biens en Sicile du Nord-Ouest), et ceci la plus part du temps, contre les intérêts de Syracuse. Acragas, Zancle et d'autres cités siciliotes aidèrent les Puniques. Hiéron II aida manifestement les Carthaginois, lors de la révolte des mercenaires en 241 av. J.-C.. En effet Hiéron II lui aussi soutint les Carthaginois, afin que ceux-ci, puisse rester assez puissant pour contrebalancer le monstre Romains. Ces tyrans ou ces cités parfois alliés de Carthage, prenaient un grand risque, qui était en fin de compte, était de tombé complètement et finalement sous le joug, des protecteurs carthaginois d'hier ou syracusains. Tout au long de cet état de guerre permanent qui dura pendant des siècles, Carthage et le plus souvent Syracuse, pour la Sicile, les deux partis trouvèrent les alliés d'aujourd'hui et les traîtres du lendemain, parmi ces cités plutôt indépendantes. Si bien que ni Carthage, ni Syracuse, ne purent mettre les mains sur la Trinacria tout entière. Est-ce que cela était le résultat d'une politique délibérer ? . Inconsciemment peut-être, mais ma réponse est plutôt non, même si leurs engagements auprès des deux protagonistes principaux, semble être la plus part du temps sincère, il est bien certains qu'en arrière pensé l'indépendance vis-à-vis de ces deux cités, était le but de chacune de ces alliances. En effet cet appuis, était toujours trop faible pour faire pencher la balance, et souvent il devait consisté en ravitaillement et en laissé passer sans encombre, sur des territoires non carthaginois. Même si les Carthaginois se retrouvèrent plusieurs fois aux pieds des murs de Syracuse (le contraire n'arriva qu'une seule fois, nous allons le voir plus haut) il ne réussirent jamais à s'en emparer.

   Pour conclure, cette guerre quasiment permanente, avait lieu sur le territoire des Siciliens, elle causa des pertes et des dégâts énormes. Mais la Sicile si fertile et surtout si pleine d'énergie s'en remis toujours, sauf lors de la première guerre punique qui lui coûta en fin compte cette indépendance particulière au monde grec et qui fut le premier pas des Romains dans ce monde grec. Epris de liberté, qui généra pendant des siècles de grands hommes et de grandes œuvres et qui est le fondement même de notre civilisation.

   En 311 av. J.-C. Agathoclès cherchant toujours à s'agrandir, s'attaque à Akragas, alors plus qu'en très bon terme avec Carthage. Celle-ci ne tarda pas a être sollicitée, Agathoclès faisant le siège d'Akragas. Carthage envoie une flotte pour libérer celle-ci, alors en réaction Agathoclès se porte plus loin dans le territoire des Carthaginois en Sicile. Il agresse Ségeste et Sélinonte, des cités siciliotes hostiles à Agathoclès s'allient et reçoivent l'appuis de Carthage, qui voie là encore une occasion de s'emparer définitivement de toute la Sicile. En peu de temps Agathoclès et après plusieurs revers militaires, il se retrouva enfermer derrière ses propres murailles à Syracuse.

   L'audacieux Agathoclès, à bout de souffle derrière ses murs, eut une idée géniale. Il fît embarquer le plus secrètement possible, à environ quinze mille hommes (la plupart étaient des mercenaires), sur une soixantaine de navires. Bien sûr, auparavant il avait dépouillé, les plus riches des Syracusains, enjôlés ou tuer la plupart d'entre eux, et laissé le commandement à un stratège expérimenté, puisque c'était son propre frère aîné Antander, qui avait était stratège, bien avant son accession à la tyrannie.

   C'est d'après l'historien Moses I. Finley, le 14 août 310 av. J.-C., qu'il vogue vers la Tunisie, pendant six jours, il y débarque au sud-ouest du Cap Bon, et il fait brûler les navires. Voilà comment il explique son geste, "la victoire ou la mort", oui ! , enfin je résume, l'ardeur au combat en fut très certainement décupler.

   Durant sa marche vers Carthage Agathoclès s'adonne au pillage, incendiant autant qu'il peut. Ces territoires, propriétés de Carthage depuis des siècles, où jamais au grand jamais ont été venus les inquiéter - du moins sérieusement-, et où pour la première fois un européen débarque en force. Nul fortification n'avait été érigée, du moins rien de vraiment conséquent, qui aurait peu arrêter Agathoclès sur sa route vers Carthage.

   En plusieurs mois, il soumet tout le territoire entre son point de débarquement et Tunis. Justin nous rapporte, qu'il avait infligé une défaite à Hannon (selon ce même Justin, Agathoclès y perdit deux mille hommes, alors qu'Hannon y perdit sa propre tête et les Carthaginois trois mille hommes).

   Les Carthaginois se virent au bord du désastre et appelèrent leurs alliés à la rescousse, mais bien peu répondirent favorablement, voyant là l'occasion de se défaire du joug des Carthaginois. De ce fait les Carthaginois durent faire face eux mêmes, si l'on peut dire, à l'ouverture d'un deuxième front, et cela mobilisa une partie de leur armée pour mater ces révoltes.

   Alors qu'Agathoclès se faisait plus pressant sur Carthage. Pour arranger les affaires des Carthaginois, Hamilcar qui faisait le siège de Syracuse et qui avait été obligé de renvoyer une partie de ses forces en Afrique, pour défendre la mère patrie, fût alors battu lors d'une brillante sortie d'Antander. Hamilcar fût capturé, torturé et pour finir décapiter, son armée totalement détruite et sa tête envoyé à Agathoclès en Afrique.

   Carthage résiste de toutes ses forces, et elles sont grandes heureusement pour elle. Les hommes viennent à manquer à Agathoclès, qui doit avoir du mal à recruter sur place ou qui manque sûrement de fonds, afin de payer les mercenaires forts employés par lui. Alors il envoie un ambassadeur à Ophellas un ex-officier d' Alexandre le Grand, qui plus à l'Est, en Cyrénaïque a reçu ce territoire des mains des Ptolémées.

   Ophellas y gouverne en son nom, mais en réalité il en est le véritable suzerain. Celui-ci cherche non seulement à renforcer son ascendance sur la Cyrénaïque, mais encore à agrandir son royaume. L'ambassadeur lui fera une proposition qu'il ne pourra pas refuser.

   En effet, Agathoclès l'invite à ce joindre à lui avec son armée bien entendu, et lui propose un pacte. Ophellas aura le territoire de Carthage en Afrique, quant à lui Agathoclès les territoires des Carthaginois en Sicile et sa maîtrise enfin acquise. Agathoclès déclare que cela lui suffira amplement. Et combien même affirme t-il, s'il ressentirait le besoin de conquête, celle qui ce propose à lui en Italie du Sud. Bien plus proche que cette maudite Carthage, sont bien plus alléchantes. Si aujourd'hui il est là, à faire le siège de Carthage, cette situation est due aux Carthaginois.

   Ophellas à ces dires, est pris de frénésie. Il envoie à Athènes (dont il est citoyen, ayant épousé la fille d'un certains Miltiade, qui aurait été lui-même, descendant du fameux Miltiade de la bataille de Marathon), des ambassadeurs afin de proposé une alliance dans cette aventure. Ophellas si certains de sa réussite, va jusqu'à faire frapper monnaie, sur une face il y avait un silphium symbole de Cyrène et sur l'autre face un palmier symbole de Carthage. Les Athéniens attirés par les riches terres de Carthage, participeront à l'aventure, la Grèce continental de l'époque était exsangue, et la perspective de l'appropriation de territoire fertile, était fort attrayante.

   Diodore de Sicile nous indique, qu'Ophellas aurait alors réunis "une armée de plus de dix mille hommes d'infanterie et de dix mille de cavalerie, de cent chariots et de plus de trois cents hommes propres à les conduire : mais outre cela il n'avait pas moins de dix autres mille hommes de ceux qu'on appelle surnuméraires ; dont plusieurs traînaient après eux leurs femmes, leurs enfants et tout leur ménage," si les chiffres restent contestable, comme toujours chez Diodore de Sicile. Il est certains qu'Ophellas ne partait pas uniquement pour faire la guerre. Mais il voulait dans la foulée, colonisée les territoires de Carthage.

   Diodore de Sicile et Justin vont nous narrer ce terrible voyage (qui aurait duré deux mois) pour rejoindre Agathoclès. L'eau qui manque, le désert et ses dangers naturels et surnaturels, la maladie. Après ce long périple Ophellas arrive à destination, Agathoclès l'accueil à bras ouvert, Ophellas et Agathoclès aurait sympathisé selon Justin, pour preuve Ophellas adopta un des fils d'Agathoclès (était-ce Achargathus ou Héraclide ?).

   Alors que Diodore de Sicile déclare que c'est peut de temps après son arrivée ( du moins c'est ce que son récit laisse entendre), les hommes d'Ophellas étant partie au ravitaillement, Agathoclès en profite pour le tuer et s'emparer de cette armée, providentielle. Qu'Agathoclès arrive d'une manière ou d'une autre à assassiner Ophellas soit, mais comment fait-il pour convaincre son armée de le suivre ? . Ce qu'elle fît d'ailleurs, cet événement aurait eu lieu au début de l'année 308 av. J.-C..

   Ainsi ce clos le récit sur Agathoclès dans le livre XX. C'est à Justin que nous passons le relais.

   Ces deux armées réunies, Agathoclès marche sur Carthage, en arrivant par l'ouest il enlève au passage Bizerte et Utique, en infligeant une lourde défaite aux carthaginois, mais ayant lui-même de grosse pertes.

   En s'emparant de Hippo Acra (Bizerte), c'est une flotte et des chantiers navales, qui lui tombe dans les mains, Agathoclès était tout de même en difficulté, un air de sédition flottait parmi ses troupes. Au même instant à Carthage un certains Bolmicar général de son état, a qui l'on prête l'envie de passé dans l'autre camp, ce verra jugé par un tribunal et envoyer sur la croix afin d'expié. Il est certains qu'il fallait un bouc émissaire aux Carthaginois, après tant de défaites et d'humiliations.

   Au début de l'année 307 av. J.-C., Agathoclès laisse une bonne partie de son armée dans les mains de son fils Archagathe, et part vers la Sicile avec deux mille hommes seulement. Car les Akragaciens et d'autres cités, sûrement poussés par les Carthaginois ont repris les hostilités. Comme le dira beaucoup plus tard le grand César, il est venu, il a vu et il a vaincu, le calme ramener en Sicile, il repart en Afrique où ses affaires commence à tourner au vinaigre. En effet, l'argent manque pour payer les mercenaires.

   Justin nous rapporte, qu'il tiendra a peut prêt ce discours à ces mercenaires, votre salaire ce trouve entre les murs de Carthage, qui lorsqu'ils l'auront prises répondra à tous leurs désirs. C'est alors qu'il tente une attaque sur le camp carthaginois et qu'il se voit infliger une défaite, de retour dans le camp, la révolte gronde. C'est alors qu'Agathoclès accompagné de son fils Archagathe décide de prendre la fuite, tout cela selon Justin. Agathoclès arrive en Sicile, alors que son fils aurait été capturé et tuer par les mercenaires impayés. Mais tout ceci reste à vérifier.

   De retour en Sicile Agathoclès en 306 av. J.-C. signe une paix avec les Carthaginois, cela ressemble beaucoup à un match nul. Les Carthaginois restant sur leur position en Sicile, laissant les mains libres à Agathoclès sur le reste de la Sicile, qui très rapidement tomba entre ses mains, sans que Carthage n'intervienne cette fois-ci, bien trop occupée à lécher ses propres blessures.

   C'est alors qu'il osa ce d'aucun des grands tyrans Siciliens l'ayant précéder, n'avait oser avant lui. Il prît le titre de roi et fît battre monnaie, qui portait son nom -Agathoclès-. Bien évidement Agathoclès était un homme de son temps, et les hommes de son rang à l'époque hellénistique prenait aisément le titre de roi. Du moins sa réputation et son titre lui permirent, d'entrer dans la cour des grands de l'époque.

   Reprenons ici le récit de Diodore de Sicile, Livre XXI. Agathoclès ayant mit le feu à la flotte de Cassandre, (fils d'Antipater général du Grand Alexandre. Oui ! ce même Cassandre qui lui tua sa mère Olympias, sa femme Roxane et son fils) qui faisait le siège de Corcyre, par terre et par mer, était sur le point d'emporter la victoire. C'est Agathoclès qui s'empare de celle-ci. Par la suite il la donnât, en dot à sa fille Lanassa, lorsque celle-ci se maria avec Pyrrhos.

   Diodore de Sicile nous rapporte, qu'Agathoclès rentrant à Syracuse, y trouve des mercenaires de Ligurie et de Toscane. Qui autrefois servirent sous ses ordres, lorsqu'il combattait en Afrique. Ceux-ci auraient participer de loin ou de prés à l'assassinât de son fils Archaghate. Il décida de tous les passer par le fil de l'épée. Diodore de Sicile encore une fois, tiens à souligné la sauvagerie d'Agathoclès, en relatant un fait horrible.

   Agathoclès par la suite s'empare de Crotone en Italie du Sud, qu'il perdra peut de temps après. Ensuite Diodore de Sicile nous rapporte divers faits, qui nous indique qu'Agathoclès, était en contact avec la plupart des puissants de la région. Rappelons qu'il épousa la fille de Potlémée I, Théoxénè (sa troisième et dernière femme) qu'il fit partir en Egypte avec les deux enfants, qu'ils avaient eux ensemble, avec tous ses trésors, sentant la mort venir (Justin). Et rappelons que sa fille Lanassa se maria, avec Pyrrhos, mariage qui finit par un divorce d'ailleurs (enfin le divorce n'existait pas à l'époque, il semble que Pyrrhos répudia Lanassa).

   Agathoclès mourut en 289 av. J.-C., nous ne savons pas réellement ce qui se passa. Diodore de Sicile nous rapporte, qu'il fut victime d'un complot ourdi par son petit-fils Archargathe. Le fils d'Archagathe mort en Afrique, ce petit-fils aurait tué son oncle Agathoclès fils et successeur désigné du roi. Archagathe aurait fait empoissonner son grand-père par un esclave, grâce à un cure dent trempée dans un poisson, qui fit mourir le roi dans de longue souffrance. Moses I. Finley ne semble pas trop accordé de crédit à ce récit de Diodore de Sicile. Justin lui nous rapporte, qu'Agathoclès alors en Italie du Sud, ressent de violentes douleurs, qui l'oblige à rentrer à Syracuse, pour y voir ses enfants s'entre-déchirer pour son royaume et enfin mourir.

   Comme bien souvent après la mort d'un homme puissant en Sicile, le chaos s'y installe, les Carthaginois débarque et en profite pour s'emparer de quelques cités, quelques années plus tard Pyrrhos se rendra en Sicile à l'appel des Syracusains, il y mit quelque ordre. S'en suivra l'avènement du dernier des puissants de Sicile, Hiéron II. Qui lui régna en roi, sur un territoire plus petit que celui Agathoclès, ceci est une autre histoire.

   Agathoclès fut décrier par les historiens antique, sauf peut-être par Polybe Livre XII - Si cet homme, fuyant le tour, l'argile et la fumée, est venu à Syracuse à l'âge de dix-huit ans environ, et si au bout de quelque temps, parti d'une condition si modeste, il est devenu le maître de la Sicile entière (pas exactement), a fait courir à Carthage les plus graves dangers et pour finir, vieilli dans le pouvoir, a terminé sa vie avec le titre de roi, ne faut-il pas que cet Agathoclès ait été quelque chose de grand et de prodigieux et qu'il ait possédé quantité d'aptitudes et de talents en politique ? -.

   Voici en substance ce que pensait Polybe, de ce roi. Mais son jugement n'est-il pas altérer par son grand élève Scipion l'Africain, vainqueur final de Carthage, qui mettait Denys l'Ancien et Agathoclès au rang des plus grands hommes politique et militaire.

   Un certains M. Cary pense que - sa politique n'a été qu'une suite d'improvisation sans but fixe, et n'a laissé après lui aucune institution durable - cette conclusion est très sévère, quoi qu'empreinte de certaines vérités. Agathoclès n'était certes pas un visionnaire avec de grands buts. Mais il régna sereinement, lorsqu'il eut finit d'asseoir son pouvoir, il n'avait pas besoin de garde personnel, le peuple l'aimait, ce qui est un fait exceptionnel pour un "tyran".

   Pour finir, je reprendrais la conclusion de Moses I. Finley, - C'était la dernière fois, dans l'Antiquité, qu'un prince sicilien était assez fort pour jouer son jeu de façon indépendante sur l'échiquier méditerranéen. - Hiéron II, dernier tyran de Syracuse, régna certes plus longtemps, mais il vécut toujours dans l'état de plus fidèle allié de Rome.

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